Le blog du Trotteur
Où la date est 20 juin 2006...
  Où je vais enfin payer l’ISMARI

Dans les geôles déjà mentionnées, en sus de ma rencontre avec l’édenté cité, j’ai également rencontré une femme, jeune d’un certain âge, qui se révéla être un mannequin canon de beauté (je le sais car l’on lui voit les os de son squelette juste à fleur de peau, mais aussi parce qu’elle évacue par voie orale tout le peu qu’elle mange). Elle a une longue chevelure brune qui lui descend jusqu’aux mollets ; ou plutôt devrais-je dire un long cheveu large, long et épais tant le tout est soudé par la crasse.

Si je n’en ai pas parlé plus tôt, c’est par pudeur. Car durant le mois que nous avons passé ensemble dans ce cachot, nous avons noué une relation d’intense émotion. Nombreux nous étions, et donc serrés les uns aux autres. C’est ainsi que nous avons passé le mois, elle et moi, poitrine contre poitrine. Etant un peu plus grande que moi, tout ce qu’elle mangeait (la nourriture tombait par des trous du plafond ; épluchures de pommes de terre, pépins de raisins, croûtons de pains secs, ainsi que les réglementaires trognons de pommes) finissait sur mon dos en un mélange de bile et de miettes à peine digérées. Les habits que je portais alors sentent encore l’odeur acre et terriblement enivrante de son vomi. Parlant d’habits, elle-même avait été arrêté par les gardes noirs au sortir de sa douche, si bien qu’elle n’avait sur elle que sa douceur osseuse. Nous avons beaucoup discuté, également, et une amitié naissante s’ajouta à notre intimité forcée. Si je ne gardais que cet aspect de ma détention, je dirai que ce mois passé avec elle fut le plus beau de ma vie.

Mais donc ; j’en viens à mon propos. Tous mes codétenus et moi-même étant relâché (pour une raison que je ne m’explique toujours pas) le même jour, nous avons décidé, Poisse et moi, de rentrer ensemble et d’échanger nos adresses. Le hasard a voulu que nous habitions le même immeuble et au même étage ! La coïncidence du NIAC est coïncidente, nous étions-nous alors dit.

Bref, il nous as fallu dix jours pour comprendre l’évidence même : nous allons nous marier. Cela nous permettra, à notre joie commune, de payer l’ISMARI, le fameux Impôt Sur les Mariages Affligeants, Ridicules et Inutiles. C’est un impôt que j’ai toujours voulu payer, mais sans jamais avoir le temps (la faute à un travail envahissant) de trouver la femme qui voudrait s’associer à ce bonheur. Merci renouvelé à la justice du maître sans laquelle jamais je n’aurai rencontré ma tendre et douce Poisse, et donc jamais payé l’ISMARI. De plus, une bonne nouvelle n’arrivant jamais seule, j’aurai également la joie de payer un jour l’ISDOVAP ; l’Impôt Sur les Divorces qu’On Vous Avait Prévenu.

Nous n’avons pas encore décidé de la date de nos noces, mais je voulais cependant vous faire partager ma joie.
 
Où la date est 09 juin 2006...
  Où je l'ai vue.

Désolé de l'absence si longue; il y a un peu plus d'un mois, des gardes noirs nains, et semble-t-il muets et sourds, m'ont emmenés dans un cachot. Je n'ai jamais su pourquoi. On ne m'a pas non plus expliqué pourquoi j'en suis sorti hier... Mais enfin, la justice du NIAC étant juste, il y avait forcément une bonne raison à tout ça.

Toujours est-il qu'au fond de mon cachot de 15 metres carrés, il y avait parmi mes compagnons de cellule (nous étions environ 97 à partager le cachot) un homme sans dents ni cheveux qui m'a parlé d'un impôt méconnu: celui de l'utilisation de la plus petite rampe d'escalier de tout NIACity(c) ; il m'a même donné l'emplacement exact (à la station Maison NIAC de la ligne Pi7) et m'en a parlé comme d'un souvenir d'enfance émouvant: lui et son vieux père allait souvent la toucher pour payer l'impôt sur son utilisation.

Alors du coup, dès que je suis sorti hier, je suis allé la voir. Et je l'ai vue. Elle existe.

Je l'ai vue ; je l'ai touchée ; j'ai payé l'impôt.

Cette plus petite rampe d'escalier de tout NIACity(c), la voici :




C'est beau. C'est émouvant. Merci au maître d'avoir inventé la plus petite rampe d'escalier de tout NIACity(c). Vive le maître et vive le NIAC
 
Où la date est 16 avril 2006...
  Où je commence à fatiguer à force de ne pas dormir

J’ai déjà fait une trentaine et demi de centres d’impôts depuis que j’ai commencé mon projet. Je ne peux faire cela qu’avant et après mon travail, car mes horaires à Impôts Conseil sont stricts et je ne tiens pas à arriver en retard le matin ou à partir trop tôt le soir. (La moindre minute trente de retard, de pause dans la journée ou de départ anticipé étant en effet synonyme de blâme immédiat.)

En temps normal, je fais des nuits de deux à trois heures (j’ai en effet entre trois et douze quart d’heures de trajets pour atteindre ma tour de travail, selon les embouteillages ; ce qui, entre nous, me convient, puisque me permettant, à ma plus grande joie, de payer l’impôt sur l’utilisation de bouchons automobiles ou viticoles, simultanément à celui sur la pollution subséquente à l’utilisation d’appareils motorisés polluants ou non). Mais en ce moment, je passe sous la barre symbolique de l’heure de sommeil par nuit. J’ai des nez sous les yeux, je baille pratiquement en permanence et je me sens devenir irascible. Voyez plutôt : vers midi bis, aujourd’hui, j’ai raté d’un doigt la touche ö ! Ca m’a mis en rogne pour tout le million de caractères suivants que j’ai frappé.

...

Je crois que je vais faire une pause, et m’accorder deux heures de sommeil, cette nuit.

 
Où la date est 08 avril 2006...
  Où je compatis aux soucis des bidonvillains

Ce matin, avant de me rendre au travail (c'est-à-dire à quatre heure vingt-sept du matin), je suis allé à un centre d’impôts de Bidonville, pour changer… L’ambiance était agréable, si l’on ne fait pas attention à l’odeur des gens qui faisaient la queue aux guichets.

Pendant que j’attendais mon tour, j’observais les autres. J’ai ainsi vu des scènes déchirantes d’émotion. C’est dans ce genre d’occasions qu’on se rend compte combien certains ont du mal à payer des impôts, malgré tous leurs efforts.

Juste un exemple : il y avait une pauvre femme qui suppliait le percepteur de lui accorder le droit de payer l’impôt sur les familles de plus de douze enfants. Mais ce dernier le lui refusait, sous prétexte que son treizième enfant était mort-né la veille au soir, et que donc, puisque mort à la naissance, il n’avait pas eu le temps d’être enregistré dans les registres.

Rendez-vous compte : la seule possibilité pour que la femme puisse payer plus d’impôts, c'est-à-dire en plus de l’impôt sur la non imposition et de celui sur la pauvreté, c’était de faire des enfants pour profiter de l’imposition familiale. En effet, n’ayant pas de travail ni d’éducation, ni de barbe, elle n’avait accès qu’à peu d’impôts directs ; et n’ayant pas de P’Ognon, donc ne pouvant s’acheter quoi que ce soit, elle n’avait pas non plus accès aux impôts indirects ! Aussi engendrait-elle enfant sur enfant, pour accumuler le plus possible d’impositions familiales… mais même là, le sort s’acharnait !

Si vous aviez vu le percepteur, catégorique, qui, en respect strict des lois, s’entêtait à lui refuser la joie de payer l’impôt sur les familles de plus de douze enfants ! C’était pitié de voir ça. La pauvre est sortie en larmes, jetée dehors par les videurs…

Il n’y a pas à redire ; j’ai de la chance d’avoir un bon travail pour pouvoir payer autant d’impôts…


 
Où la date est 06 avril 2006...
  Où j'ai perdu un collégue

Tout à l'heure, la justice a frappé.

J'étais aux toilettes, me précipitant pour ne pas dépasser la minute de pause réglémentaire réservée aux usages d'évacuations de déchets corporels personnels, quand j'entends un grand bruit de porte qu'on fracasse.

Finissant ma pause, je me précipita vers mon bureau. Et j'ai vu des gardes noirs en sortir ! Ils emmenaient un de mes collègues, qui, ai-je compris ensuite, était en train d'utiliser mon poste de travail !!!

C'est dans ces moments-là que l'on voit que la justice du NIAC est juste. Mon collégue n'utilisait pas le poste qui lui était alloué, et aussitôt, cachot! Quelle efficacité, ces gardes noirs....
 
Où la date est 04 avril 2006...
  Où j’apprends le précédent record

Hier, après le travail (c'est-à-dire à vingt-deux heures trente), j’ai pu aller dans trois centres d’impôts différents de mon quartier pour profiter de la multimposition. Et j’ai déjà atteint 167,12% d’imposition sur possession ! Alors que je n’avais jamais dépassé les 76,7% jusqu’ici. La multimposition, quelle belle invention ! A ce rythme, je me suis dit que je ne tarderai pas à atteindre mon but (pour mémoire : être le plus gros payeur d’impôts hors héros de tous les temps). Cependant, me renseignant, on m’a appris qu’un autre non-héros avait déjà utilisé la technique de la multimposition pour atteindre ce même objectif. Le percepteur qui m’en a parlé avait oublié le nom de la personne en question, ni si c’était un homme ou une femme. Mais en tout cas, ce dont il était sûr, c’est que la personne avait atteint les 8879% d’imposition ! Un record qui n’a (m’a-t-on dit) pas été battu depuis maintenant trois ans !

La barre est placée haut, mais je la passerais tout de même. Surtout que le recordman est actuellement hors compétition, puisque enfermé dans un cachot de NIACopolis pour cause de non paiement de l’impôt sur le dépassement du quota de surendettement autorisé. Il mange un trognon de pomme par jour, il parait. Pas de quoi améliorer son score, parce que l’impôt sur l’alimentation à base de trognon de pommes n’est pas le plus rentable.

Sans concurrence, il n’y a pas de raison que je n’arrive pas à battre ce record. Et au moins, maintenant, je saurai à quel moment j’atteindrai mon but…

Donc : en route pour les 8880% !
 
Où la date est 01 avril 2006...
  Où je commence à écrire.

Bonjour.

Dans le formulaire vert vomi de création de blog du NIAC, à l’alinéa nez-pi (en dessous des lignes de paramétrages des Fichages Trauma-Pathologiques), il est dit qu’il faut indiquer son nom, son numéro d’imposition sociale et le code secret de sa carte d’impôts. Pour les deux derniers, me concernant, c’est facile ; c’est cos(148ö/2)*155,ñ,7 et 1234. Par contre, pour le nom, j’ai un problème. C’est que je n’en ai pas… Mes parents, trop occupés à essayer de payer plus d’impôts alors même que j’étais censé bientôt naître, ont oubliés de réfléchir à mon problème de dénomination. Quand mon père est arrivé à l’état civil et qu’on lui a demandé mon nom, il a dit « oups, on a oublié d’y réfléchir… Vous avez qu’à ne pas en mettre ». C’est ainsi que je suis sans nom.

Les gens qui me connaissent m’apostrophent en général par « Hé, truc ! », « Oh, Machin ! », « Toi, là » ou encore « Hé, le mec aux lunettes débiles ». Enfin bref ; jusqu’à aujourd’hui, tout le monde m’appelait comme il en avait envie. Mais, là, d’un nom, j’en ai besoin, pour le formulaire. Vu que je rêve de payer l’impôt sur l’ouverture de blog et celui sur l’écriture d’un chapitre d’un blog. D’où mon problème. Alors j’eus une idée. Mais c’est un cheminement intellectuel compliqué, avec association d’idées et tout, alors je vais commencer par le début pour l’expliquer bien.

Je travaille comme tapeur de clavier à Impôts Conseil ; une SSII (Société de Systématisation d’une Imposition Importante) de NIACity©. C’est un métier confortable, où on a droit à plein d’impôts intéressants, comme l’impôt sur l’utilisation de claviers, par exemple. Mon rôle, dans la société, c’est de taper sur un clavier. Au début, je croyais que je devais taper des choses intelligentes, alors j’y réfléchissais. En fait, je passais trop de temps à réfléchir, et de par le fait, je ne respectais pas le quota de une touche par seconde. Du coup, comme l’impôt sur l’utilisation de claviers est calculé sur le nombre de quotas respectés, ben je payais beaucoup moins d’impôts que mes collègues.

Heureusement, depuis, j’ai compris que je pouvais taper n’importe quoi, même des choses qu’on ne pouvait pas lire. Voilà quelques années que j’ai compris cela, et désormais, avec une moyenne de 20,31 quotas par secondes, je suis le plus gros payeur d’impôts de tous les tapeurs de claviers d’Impôts Conseil. Imaginez combien je suis au comble de la joie ! Mais je ne suis toujours pas satisfait. J’aimerais, et vous le comprendrez facilement, payer encore plus d’impôts. J’ai donc cherché une idée pour ce faire. J’ai cherché de longs mois, jusqu’à ce que j’apprenne l’existence de la multimposition. Pour en profiter, c’est très simple : il faut payer ses impôts aux plus de centres d’impôts possibles. Ainsi, on arrive à payer ses impôts en plusieurs fois ! C'est-à-dire autant de fois que de centres d’impôts auxquels on a payé ! C’était eurêka ! Imaginez : pouvoir payer des impôts qu’on a déjà payés ! Quand on sait le nombre de centres d’impôts qu’il existe de par NIACland ! Ca laisse rêveur…


Dès lors, j’ai décidé de trotter le globe, de vaquer de par NIACland, pour aller d’un centre d’impôt à un autre, et d’ainsi devenir le plus gros payeur d’impôt hors héros que NIACland ait connu. C’est à ce moment-là que j’ai aussi appris la possibilité de payer les impôts sur l’usage de blog. Or, comme vous le savez déjà, je n’avais pas de nom pour compléter le formulaire vert vomi. Alors j’ai réfléchi et je m’en suis trouvé un ; un super mystérieux qui dit tout sur ce que je vais faire désormais : le trotteur !


Je suis le trotteur de NIACland !

 

Le trotteur de NIACland
Non héros du NIAC, employé à Impôts Conseil, à votre service.

N°IS : cos(148ö/2)*155,ñ,7

Code : 1234

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